Article

Préparation de commandes : la méthode pour préparer sans erreur

La préparation de commandes consiste à prélever, contrôler puis emballer les bons articles avant expédition. La méthode compte plus que la vitesse : les commandes sont libérées selon leur priorité, le prélèvement est guidé au scan et chaque colis est contrôlé avant son départ.

David ButinPar David Butin · Expert e-commerce· Mis à jour le 22 septembre 2026· 7 min de lecture

L’essentiel

  1. En préparation manuelle, les déplacements représentent environ la moitié du temps du préparateur ; le prélèvement peut atteindre 55 % des dépenses d’exploitation de l’entrepôt.
  2. Accélérer les préparateurs ne corrige pas une mauvaise méthode. Il faut d’abord réduire les déplacements, guider le prélèvement et bloquer les erreurs au scan.
  3. Le stockage chaotique reste fiable si le WMS mémorise chaque emplacement et si chaque mouvement est scanné.
  4. Un bac par commande sépare les articles ; le scan au colisage bloque les erreurs avant l’expédition.

La vague du matin est lancée. Un préparateur traverse l’entrepôt, revient sur ses pas, cherche une référence qui a changé d’emplacement la veille. Deux allées plus loin, un carton part avec le mauvais article : presque le bon, une taille à côté. Personne ne le voit. Le client, si, quand il ouvre le colis.

La préparation de commandes ressemble à un problème de vitesse. C’est d’abord un problème de méthode. En préparation manuelle, les déplacements représentent environ la moitié du temps du préparateur, selon De Koster, Le-Duc et Roodbergen (2007). Les préparateurs les plus rapides ne sont pas toujours les plus fiables : la précipitation fait monter les erreurs. Une analyse de McKinsey publiée en 2019 estime qu’une analyse détaillée des coûts peut dégager 15 à 20 % de gains potentiels avant de choisir les investissements.

Si vous pilotez le flux du prélèvement à l’étiquette transporteur, commencez par la méthode avant d’investir dans un robot.

Distinguer le prélèvement de l’emballage

Le prélèvement est l’étape où l’opérateur va chercher dans le stock les articles d’une ou plusieurs commandes avant l’emballage. Quatre gestes s’enchaînent : prélever, contrôler, emballer, expédier. L’opérateur prélève les articles, puis les contrôle et les met en carton au poste d’emballage. Les deux se suivent, mais chacun porte ses propres erreurs : on peut très bien prélever le bon article et le glisser dans le mauvais colis.

Pourquoi y consacrer autant d’attention ? Parce que c’est là que le coût se concentre. Le prélèvement peut représenter jusqu’à 55 % des dépenses d’exploitation d’un entrepôt, selon De Koster et al. (2007). Régler la méthode de prélèvement est donc souvent l’optimisation d’entrepôt la plus rentable, avant même d’envisager le moindre convoyeur.

Corriger les trois causes d’erreur en préparation de commandes

Le temps de recherche. Environ la moitié du temps d’un préparateur passe en déplacement, pas en prélèvement, selon De Koster et al. (2007). Quand une référence est stockée à plusieurs emplacements et qu’un déplacement n’a pas été enregistré, le préparateur multiplie les allers-retours.

Les références qui se ressemblent. Deux tailles, deux coloris, deux codes-barres presque identiques : l’œil se trompe, surtout en fin de journée. C’est l’erreur que le client découvre à l’ouverture du colis, pas l’opérateur au moment du prélèvement.

Le processus papier. Une liste imprimée le matin ne reflète ni une rupture récente ni une nouvelle commande prioritaire. Le tableau de bord des commandes synchronisé affiche ces changements. Avec une liste imprimée, l’opérateur doit se rappeler les changements et les contrôler lui-même.

Accélérer ne corrige ni un emplacement obsolète ni une liste papier. Guidez le prélèvement et contrôlez la sortie pour que le débit ne se paie pas en fiabilité.

Choisir sa méthode de prélèvement : vague, lot, multi-commandes

Il n’existe pas de méthode de prélèvement unique : le bon choix dépend de la situation. Deux axes suffisent à décider : le nombre de commandes et le nombre de lignes par commande. Un logiciel peut combiner ces modes sans nécessiter de robotique dédiée.

MéthodePrincipe
Par vagueLibérer les commandes selon l’heure limite ou la priorité.
Par lotPrélever une référence pour plusieurs commandes
Multi-commandesUn bac par commande
Mono-commandeUne commande par parcours
MéthodeUsage et contrôle
Par vagueÉchéance transporteur ; priorise la libération
Par lotRéférences répétées ; regroupe les lignes
Multi-commandesPréparation parallèle ; confirme le bac au scan
Mono-commandeArticles volumineux ; isole la commande
Choisir une méthode de prélèvement
Peu de commandes
Beaucoup de commandes
1 ligne
À la commande
Par lot
Plusieurs lignes
Mono-commande
Par vague
Départ e‑commerce

Le prélèvement multi-commandes garde chaque commande dans un bac distinct. Le parcours fixe l’ordre de visite des emplacements.

Schéma Boostmyshop

En e-commerce, la vague libère les commandes selon l’heure limite ou la priorité. Le lot regroupe les lignes d’une même référence. Le prélèvement multi-commandes garde chaque commande dans son propre bac. Le tableau de bord des commandes synchronisé affiche les priorités avant la libération. myFulfillment combine ces méthodes selon les commandes du jour. Pour les flux atypiques, un distributeur de matériel électrique a intégré la découpe de câble au prélèvement, avec des erreurs passées de fréquentes à quasi nulles et chaque coupe tracée par son code-barres.

Guider le prélèvement : le stockage chaotique piloté au PDA

La meilleure méthode ne vaut rien si l’opérateur cherche encore où aller. Le stockage chaotique résout ce problème : au lieu de réserver un rayon par produit, on range chaque article là où il reste de la place, et c’est le système qui mémorise l’emplacement. Un même produit peut se trouver à plusieurs emplacements. L’opérateur, lui, ne mémorise rien.

Sur un terminal Android (PDA), le prélèvement devient une mission guidée. Le système affiche l’emplacement de prélèvement. L’opérateur scanne le produit, puis le casier de dépôt. À chaque scan, une vérification : le bon produit, la bonne quantité, le bon emplacement. En cas de mauvais article, le scan bloque et une alerte sonore et visuelle se déclenche. Le système propose, l’opérateur valide.

Le prélèvement guidé au PDA, étape par étape
Mission de vagueEmplacement de prélèvementScan du produitDépôt au bac 1-2-3-4Contrôle au colisageÉtiquette

Le système affiche l’emplacement de prélèvement. L’opérateur scanne le produit. Mauvais article : alerte sonore et visuelle, le scan bloque avant l’expédition.

Schéma Boostmyshop, d’après le cas 3PL

Un 3PL lyonnais a basculé tout son prélèvement sur ce modèle guidé et signale zéro erreur de prélèvement sur un stockage chaotique multi-emplacements. Un intérimaire suit le même parcours guidé qu’un préparateur expérimenté, sans mémoriser le plan de l’entrepôt. Le logiciel affiche les consignes que seuls les préparateurs expérimentés connaissaient auparavant.

Un bac par commande pour éviter les mélanges

Préparer plusieurs commandes en un passage présente un risque évident : tout mélanger. La parade tient dans un objet simple, le chariot à bacs. Chaque commande de la vague reçoit son bac numéroté : 1, 2, 3, 4. Le préparateur avance une seule fois dans l’entrepôt et dépose chaque article dans le bon bac. À la fermeture, l’opérateur scanne le bac. Le système demande une vérification ; après validation, l’étiquette s’imprime.

Les bacs du chariot matérialisent la séparation : un parcours, plusieurs commandes, un bac attribué à chacune. Le préparateur confirme le bac au scan avant d’y déposer l’article. Le geste reste identique quand la vague grandit.

Contrôler avant que le colis parte : le scan qui bloque

Prélever juste ne suffit pas. Entre le bac et le carton, une dernière erreur peut se glisser. C’est pour cela que le contrôle se fait au poste d’emballage, pas chez le client. Sur l’écran de colisage, chaque article est scanné avant d’entrer dans le carton. Si l’article est conforme, le scan passe au vert. En cas d’erreur, il passe au rouge, une alerte sonore et visuelle se déclenche, et le colis ne part pas.

Le bip d’erreur signale immédiatement le mauvais article. Le colis reste ouvert jusqu’à ce que l’opérateur corrige le contenu.

Contrôler la préparation pour éviter les retours pour mauvais article

On parle souvent de qualité de service comme si elle se jouait au dernier kilomètre, chez le transporteur. Elle se joue surtout en amont, à la préparation. Vérifiez le contenu du colis et l’heure d’expédition pour limiter les retours et les réclamations liés à la préparation.

Les conséquences financières s’étendent au-delà de l’entrepôt. McKinsey estimait en 2026 que les consommateurs américains avaient retourné près de 1 000 milliards de dollars de marchandises en 2024 et que leur traitement coûtait environ 200 milliards par an aux distributeurs. Marriott et al. (2025) évaluent à près de 7 milliards de livres le coût des retours de mode en ligne au Royaume-Uni en 2022. En France, la FEVAD rapporte un panier moyen de 62 € pour 3,2 milliards de transactions en 2025.

Et il y a le compte vendeur. Sur Amazon, un vendeur doit maintenir un taux de commandes défectueuses (Order Defect Rate) inférieur à 1 %, un taux d’expédition en retard inférieur à 4 % et un taux d’annulation avant expédition inférieur à 2,5 % ; au-delà, il risque la restriction ou la perte de son droit de vendre (Amazon Seller Central, 2025). Une série de mauvais articles peut générer des évaluations négatives et des réclamations qui rapprochent le taux de commandes défectueuses de sa limite. La précision de préparation contribue aux indicateurs qui conditionnent le maintien du compte vendeur.

Cas clients Boostmyshop, 2026

Après avoir réinternalisé sa logistique, la marque de mode signale un taux d’erreur de prélèvement inférieur à 0,5 %. Le distributeur électronique a ramené son taux d’erreur d’étiquetage de 5 à 8 % à moins de 1 % et imprime 50 étiquettes en 30 secondes au lieu de deux heures. L’e-commerçant maison et jardin expédie désormais le jour même, contre un à deux jours de retard auparavant.

Dans ces trois cas, un même logiciel relie le prélèvement, le colisage et l’étiquette transporteur. Cette traçabilité rattache l’erreur à l’étape qui l’a produite et permet de corriger le contrôle concerné. Réglez vos points de commande au réapprovisionnement pour limiter les annulations dues à un stock indisponible. Le webinaire sur la préparation et l’expédition avant la haute saison montre ces contrôles dans le logiciel.

Questions fréquentes

Le prélèvement est l’étape de la préparation de commandes où l’opérateur collecte les articles dans le stock avant de les contrôler et de les emballer.

Libérez les commandes en vagues selon l’heure limite ou la priorité. Utilisez le lot quand une référence se répète, un bac par commande pour les préparer en parallèle, et la mono-commande pour les produits volumineux ou fragiles.

Guidez le prélèvement et contrôlez la sortie. Le scan valide le produit, la quantité et l’emplacement ; le contrôle au colisage bloque le mauvais article. Le système propose, l’opérateur valide.

Le prélèvement collecte les articles dans le stock ; l’emballage les met en carton avec l’étiquette transporteur. Un scan entre les deux bloque un article placé dans la mauvaise commande.

Oui. Un mauvais article peut provoquer une réclamation, une annulation ou une expédition tardive. Suivez ces défauts séparément et corrigez le contrôle qui les a laissés passer.

Pas d’abord. Réduisez les déplacements, fiabilisez les emplacements et placez les contrôles au scan avant de choisir un investissement d’automatisation.

Nos contenus sur les opérations, en avant-première

De temps en temps, un e-mail avec nos nouveaux guides, vidéos et webinaires.

Continuer à explorer

16sept
Replay disponible11:00 CEST · 50 minEn français
Masterclass
Vos opérations freinent-elles vos ventes sur les marketplaces ?

Vos stocks, votre préparation et vos expéditions influencent vos ventes sur les marketplaces. Jonathan Coloma, COO de Repiauto, raconte le passage de 300 à 1 000 commandes par jour en deux ans. Il revient sur les limites du papier, les ERP inadaptés à ses besoins, un délai de quinze jours annoncé pour le démarrage et la réorganisation de ses journées.

Animé par David Butin
Animé par
David Butin
E-commerce Expert
Voir le replay
24juil
Replay disponible11:00 CEST · 42 minEn français
Masterclass
Votre entrepôt tiendra-t-il la haute saison ?

Pour tenir un pic, découpez la file de commandes en vagues selon vos contraintes, puis placez le contrôle au scan au bon endroit. Au poste d’emballage, l’opérateur ne choisit plus le transporteur et ne cherche plus la bonne étiquette : il valide le colis, génère l’étiquette et passe à la commande suivante.

Animé par Olivier Zimmermann
Animé par
Olivier Zimmermann
Founder & CEO
Voir le replay
23juin
Replay disponible11:00 CEST · 55 minEn français
Masterclass
Industrialiser vos achats e-commerce

Industrialiser ses achats, c'est commander sur des règles plutôt qu'au jugé : au bon moment (le point de commande), le bon volume (votre période de couverture), chez le bon fournisseur, avec un bon de commande validé en un clic. À revoir en replay.

Animé par Olivier Zimmermann
Animé par
Olivier Zimmermann
Founder & CEO
Voir le replay
28oct
En direct11:00 CET · 45 minEn français
Webinaire
L’IA booste vos ventes, votre logistique suivra-t-elle ?

Anticiper le goulot d’étranglement logistique pour transformer la croissance en rentabilité. En 45 minutes, identifiez les points de rupture qui menacent vos stocks, votre préparation de commandes et vos expéditions lorsque les ventes accélèrent.

Animé par Olivier Zimmermann
Animé par
Olivier Zimmermann
Founder & CEO
S’inscrire

Analysons ensemble votre flux de commandes

En 20 minutes, nous repérons les blocages et les pistes pour gagner du temps. Sans diaporama.

Appel gratuit de 20 min · Sans engagement